Électricité

Quelle section de câble pour chaque appareil ?

Chaque circuit d’une maison a sa section de câble et son disjoncteur, fixés par la norme NF C 15-100. Voici le tableau appareil par appareil, la longueur à partir de laquelle il faut grossir le câble, et les erreurs à ne pas commettre.

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Résultat indicatif. Ce calcul ne remplace pas une étude de l'installation : toute installation électrique doit être réalisée ou validée par un professionnel qualifié, conformément à la norme NF C 15-100.

Le principe : un câble, un disjoncteur

Un câble trop fin pour le courant qui le traverse chauffe. Le rôle du disjoncteur est de couper avant que le câble n’atteigne une température dangereuse : c’est pourquoi la section du câble dépend du calibre du disjoncteur qui le protège, et non de l’appareil branché. Un câble de 1,5 mm² se protège en 16 A au maximum, un 2,5 mm² en 20 A, un 6 mm² en 32 A.

La seconde règle est la chute de tension : plus un câble est long, plus la tension baisse à son extrémité. La NF C 15-100 la limite à 3 % pour l’éclairage et 5 % pour les autres usages, entre l’origine de l’installation et l’appareil. Sur un long circuit, il faut donc parfois une section supérieure à celle imposée par le disjoncteur.

Le tableau appareil par appareil

Sections minimales en cuivre pour une installation domestique monophasée (230 V), câbles encastrés sous conduit. La longueur maximale est celle du câble en aller simple, du tableau à l’appareil, calculée au calibre du disjoncteur.

CircuitSectionDisjoncteurLongueur maximale
Éclairage (8 points maximum)1,5 mm²16 A14 m
Prises 16 A (5 socles maximum)1,5 mm²16 A23 m
Prises 16 A (8 socles maximum)2,5 mm²20 A31 m
Volets roulants1,5 mm²16 A23 m
Lave-linge, lave-vaisselle, sèche-linge2,5 mm²20 A31 m
Four2,5 mm²20 A31 m
Chauffe-eau électrique2,5 mm²20 A31 m
Plaque de cuisson, cuisinière (monophasé)6 mm²32 A47 m
Radiateurs jusqu’à 3 500 W1,5 mm²16 A23 m
Radiateurs jusqu’à 4 500 W2,5 mm²20 A31 m
Borne de recharge 7,4 kW6 mm²32 A47 m

Au-delà de ces longueurs, passez à la section supérieure en gardant le même disjoncteur. Par exemple, une plaque de cuisson à 40 m du tableau demande 6 mm² au lieu de 6 mm², toujours protégée en 32 A. Dans une maison courante, les circuits dépassent rarement 25 m, et le tableau ci-dessus suffit dans la grande majorité des cas.

Les circuits spécialisés

Les gros appareils ont chacun leur propre circuit, partant directement du tableau : on parle de circuit spécialisé. La NF C 15-100 en impose au minimum pour la plaque de cuisson ou la cuisinière, le four, le lave-linge, le lave-vaisselle et, s’il existe, le chauffe-eau électrique. Un sèche-linge, un congélateur ou une pompe à chaleur ont aussi intérêt à disposer du leur.

  • Plaque de cuisson : 6 mm² et 32 A en monophasé. Une sortie de câble dédiée, et non une prise de courant classique, alimente la plaque.
  • Four, lave-linge, lave-vaisselle : 2,5 mm² et 20 A, avec une prise 16 A dédiée par appareil.
  • Chauffe-eau : 2,5 mm² et 20 A, en général commandé par un contacteur heures creuses.
  • Radiateurs : 1,5 mm² et 16 A jusqu’à 3 500 W par circuit, 2,5 mm² et 20 A jusqu’à 4 500 W. Au-delà, répartissez les radiateurs sur plusieurs circuits.

Le cas de la borne de recharge

Une borne de 7,4 kW appelle 32 A en continu pendant des heures. Le minimum est un câble de 6 mm² protégé en 32 A, mais la recharge longue fait chauffer le câble : beaucoup d’installateurs retiennent 10 mm², protégé en 40 A, dès une quinzaine de mètres. À 30 m du tableau, la seule chute de tension impose déjà 6 mm².

Obligatoire pour une borne

Le circuit de la borne est spécialisé et protégé par un différentiel 30 mA de type A, F ou B selon le matériel : un différentiel de type AC ne convient pas. Une borne de plus de 3,7 kW doit être installée par un électricien qualifié IRVE, une condition aussi exigée pour les aides.

Les prises et l’éclairage

Les prises ordinaires se répartissent en circuits de 5 socles au maximum en 1,5 mm² (disjoncteur 16 A) ou de 8 socles au maximum en 2,5 mm² (disjoncteur 20 A). Une prise double compte pour deux socles. L’éclairage se câble en 1,5 mm², 8 points lumineux au maximum par circuit, sous un disjoncteur 16 A (10 A est aussi admis).

Pour l’éclairage, la limite de chute de tension est plus stricte (3 %), mais le courant réel est faible : un circuit de lampes LED consomme bien moins que les 16 A du calcul. Le tableau ci-dessus reste donc prudent.

Reconnaître les câbles et les fils

Dans une maison, on rencontre surtout deux types de conducteurs. Les fils H07V-U (rigides) ou H07V-K (souples) sont des conducteurs simples, toujours tirés dans une gaine ou un conduit. Le câble U-1000 R2V regroupe plusieurs conducteurs sous une gaine épaisse : il convient aux longues liaisons, aux sous-sols et, sous fourreau, aux passages enterrés.

Les couleurs sont normalisées : vert et jaune pour la terre, exclusivement ; bleu pour le neutre ; une autre couleur (rouge, marron, noir…) pour la phase. La section est marquée sur la gaine du câble ou sur le touret : lisez-la avant de raccorder un circuit existant. Une désignation comme « 3G2,5 » signifie trois conducteurs, dont un vert et jaune, de 2,5 mm² chacun.

Méthode pour un appareil qui n’est pas dans le tableau

  1. Trouvez la puissance sur la plaque signalétique de l’appareil, en watts.
  2. Calculez le courant : puissance ÷ 230 en monophasé. Un appareil de 3 000 W appelle environ 13 A.
  3. Choisissez le calibre du disjoncteur immédiatement supérieur : 16 A pour 13 A.
  4. Déduisez la section imposée par ce calibre : 1,5 mm² pour 16 A.
  5. Vérifiez la chute de tension selon la longueur avec le calculateur, et prenez la plus grande des deux sections.

Les erreurs à éviter

  • Remplacer un disjoncteur par un calibre plus fort parce qu’il « saute » : le câble n’est alors plus protégé. Cherchez plutôt la cause (circuit surchargé, appareil défectueux).
  • Mélanger les sections sur un même circuit : un tronçon en 1,5 mm² sur un circuit protégé en 20 A devient le point faible.
  • Brancher un gros appareil sur une multiprise ou une rallonge : la multiprise n’est pas conçue pour plusieurs kilowatts en continu.
  • Oublier le conducteur de terre et la protection différentielle 30 mA, obligatoires sur tous les circuits.
  • Mesurer la longueur à vol d’oiseau : le câble suit les murs, monte et descend. Mesurez le parcours réel.

Pour une installation neuve ou une rénovation complète qui nécessite une nouvelle mise sous tension, une attestation de conformité visée par le Consuel est exigée avant le raccordement. Pour de simples travaux sur une installation existante, aucune attestation n’est obligatoire, mais faire contrôler le résultat par un électricien reste une sage précaution, et l’assureur peut le demander en cas de sinistre.

Bon à savoir

En triphasé (400 V), le courant par phase est plus faible pour une même puissance : une plaque de cuisson peut alors se câbler en 2,5 mm² protégé en 20 A. Le calculateur de section gère le monophasé et le triphasé.

Les calculateurs à utiliser

Sources : NF C 15-100 (installations électriques à basse tension) et guide UTE C 15-105 (méthode de calcul des chutes de tension), repris par Promotelec et les guides des fabricants. Correspondance usuelle en habitation (conducteurs cuivre isolés, sous conduit encastré) : 1,5 mm² jusqu'à 16 A, 2,5 mm² 20 A, 4 mm² 25 A, 6 mm² 32 A, 10 mm² 40 A, 16 mm² au-delà (choix prudent pour 50 et 63 A). D'autres modes de pose ou une température élevée peuvent imposer davantage. Bornes de recharge : NF C 15-100 (partie 7-722) et décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017 (qualification des installateurs).

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